ABSTRACT
Le 13 août 1935, de fortes précipitations ont provoqué une élévation soudaine du niveau du lac d’Ortiglieto, dans la province de Gênes. Le déversoir principal s’est obstrué avec de la boue et des débris et les décharges secondaires n’ont pas été suffisantes pour empêcher le débordement des deux barrages : le barrage principal de Molare, d’une hauteur de 47 m, et le barrage secondaire de Sella Zerbino, d’une hauteur de 14 m, ce dernier n’ayant pas été prévu dans le projet initial. Les eaux débordantes ont érodé les roches fracturées et de mauvaise qualité de la selle de Zerbino et ont provoqué la rupture soudain du barrage secondaire en début d’après-midi. Environ 20 à 25 millions de mètres cubes se sont déversés dans la vallée en contrebas, atteignant la ville d’Ovada en l’espace d’une demi-heure et tuant plus de 100 personnes. Il est clair que la caractérisation géologique de la selle de Zerbino n’a pas été effectuée correctement. Cependant, c’est la sous-estimation du système d’évacuation (déversoirs et siphons) par rapport aux caractéristiques hydrologiques du bassin versant de l’Orba qui a conduit au débordement du bassin du Molare lors de l’événement de 1935. Dans les études précédentes, des incertitudes persistent quant à l’ampleur des précipitations et à la réponse hydrologique ultérieure du bassin de l’Orba qui a déclenché la forte augmentation du niveau de l’eau. Par conséquent, dans cette étude, une réanalyse de cet événement basé sur la modélisation numérique a été réalisée et comparée aux récents épisodes de fortes précipitations qui se sont produits dans la zone étudiée en 1977, 2014 et 2019. Les résultats ont montré que l’événement de 1935 était intense mais pas extrême et qu’une réponse hydrologique rapide des précipitations et du ruissellement, avec un débit de pointe d’environ 2000 m3/s, est prévisible pour cette zone. L’analyse a confirmé que le scénario catastrophique pouvait être évité principalement grâce à une meilleure conception des structures d’évacuation du barrages (en augmentant le débit maximal) et, aussi, grâce à une conception et une construction précise du barrage secondaire tenant compte des caractéristiques géologiques locales.
